Intérêt des études … et intérêt des métiers
Extrait d’un article de AP Duboulet, orthopédagogue, qui nous animera les ateliers sur l’orientation les 5/12 et 22 mai – ces derniers étant présentés ainsi : La porte d’entrée pour l’orientation consiste à mieux se connaître avant d’envisager des métiers possibles puis les formations qui y mènent. L’enjeu est d’amener le jeune à se prendre en main et à réfléchir avec confiance à ce qu’il souhaite faire plus tard.
Infos/inscription : https://www.billetweb.fr/x25-129-ace
Extrait : « ….
Ne pas confondre intérêt des études et intérêt des métiers
Au moment de la réflexion sur leur orientation, c’est tout naturellement que les jeunes commencent par se demander quelles matières ils préfèrent. Un jeune qui aime les Sciences de la Vie et de la Terre, la chimie, regardera ainsi vers les métiers scientifiques : ingénieur, technicien de laboratoire, médecin,…
Pourtant, si cela semble plein de bon sens, la vigilance s’impose.
Ce qu’on fait à l’école n’est pas forcément pareil que ce qu’on fait dans son métier
Prenons l’exemple du métier d’ingénieur. Pendant les 2 années de prépa, puis les 3 années d’école (ce qui constitue le parcours « classique », même s’il en existe d’autres), les élèves apprennent à réfléchir vite, à planifier, à mémoriser beaucoup d’informations puis à les réutiliser,… Pour quelqu’un qui aime apprendre et faire fonctionner ses neurones, c’est passionnant ! Mais la réalité du métier d’ingénieur, et les tâches quotidiennes qu’il a à effectuer, peuvent en être très éloignées des enseignements. Même s’il y a des cours de gestion de projet, qui donnent un aperçu du futur métier, beaucoup de tâches ne correspondent pas à ce qu’on faisait à l’école, comme manager une équipe, par exemple.
Dans un autre registre, un article du Monde donnait la parole à de jeunes architectes. Ils et elles faisaient part de leur déception lors de leurs premiers postes en agence. Après des études passionnantes, ils se voyaient confier des tâches répétitives et inintéressantes, en étant les « petites mains » d’un projet de grande envergure. Évidemment, il faut bien apprendre le métier et faire ses preuves, a fortiori quand il s’agit d’un métier avec une composante artistique. On se doute bien qu’un.e jeune styliste fraîchement diplômé.e a peu de chances de tout de suite dessiner une robe pour le défilé d’une maison de Haute-couture parisienne. Mais parfois cette période d’apprentissage peut être très longue, et le jeune adulte risque de jeter l’éponge avant d’avoir pu vraiment exercer son art.
L’intérêt pour une matière scolaire peut dépendre de l’enseignant
Ensuite, et là vous allez reconnaître vos ados HPI : ils fonctionnent beaucoup à l’affect, et bien souvent ils aiment une matière parce qu’ils aiment bien… le prof ! Si sa moyenne dans un matière varie de 8 à 16 d’une année sur l’autre, quand l’enseignant n’est plus le même, la vigilance s’impose. Ce n’est pas parce qu’il a 16 en maths cette année qu’il aime les maths, c’est peut-être parce que cette année il a un super enseignant qui a une façon de faire cours qui capte l’attention de votre ado, et lui donne envie de travailler. C’est peut-être aussi parce que cet enseignant connaît le HPI et trouve le temps d’en tenir compte, pendant ses cours, quand il s’adresse à des élèves concernés.
Fonder un choix d’orientation là-dessus est risqué : est-ce que votre ado aura encore vite de faire des maths l’an prochain, et d’en faire encore plus, quand ce ne sera plus cet enseignant qui fera cours ? Peut-être que oui, et tant mieux. Mais peut-être pas, et ce sera embêtant.
Comment ne pas confondre intérêt des études et intérêt des métiers ?
Si le point de départ doit rester l’intérêt d’un jeune pour certaines matières scolaires, il faut aller plus loin :
- Dans la connaissance de soi : qu’est-ce qu’il aime bien dans cette matière ? Comprendre le monde ? Résoudre des problèmes ? Débattre ? Construire un raisonnement ? Faire des manipulations manuelles ? Et la connaissance de soi concerne également tous ses talents, ses centres d’intérêt, ce qui a du sens,…
- Dans la connaissance des métiers : que fait-on exactement dans ce métier ? Avec qui travaille-t-on ? Où ? Est-ce qu’on se déplace beaucoup ? Est-ce qu’on peut évoluer au fil de sa carrière ?…


